Deux sénateurs américains, un républicain et une démocrate, portent un projet de loi pour interdire les voitures chinoises connectées aux États-Unis, à la vente comme sur les routes. Leur crainte, c'est que ces véhicules bardés de capteurs et de logiciels renvoient des données sensibles vers Pékin. Le texte s'appliquerait par étapes à partir de 2027.
Un texte bipartisan contre la voiture espionne
Le Connected Vehicle Security Act of 2026 est porté par Bernie Moreno, républicain de l'Ohio, et Elissa Slotkin, démocrate du Michigan, ce qui est assez rare pour être signalé dans le Washington actuel. Le projet veut interdire l'importation, la vente et même la circulation des véhicules fabriqués en Chine ou dans un autre pays jugé à risque, mais aussi l'usage des logiciels, des systèmes de données et du matériel connecté d'origine chinoise, y compris quand ils passent par des coentreprises. Pour Elissa Slotkin, ces voitures sont ni plus ni moins que des paquets de surveillance sur roues, capables de collecter des informations sur les citoyens et sur des sites sensibles.
Deux échéances, 2027 puis 2030
Le calendrier prévoit une entrée en vigueur en deux temps, avec les restrictions sur les véhicules et les logiciels dès 2027, puis celles sur le matériel en 2030. Le texte confie au département du Commerce le pouvoir d'identifier et de bloquer les technologies à risque, et de contrôler toute la chaîne, de la fabrication à l'importation jusqu'à la vente. General Motors, le syndicat automobile UAW et sa figure Shawn Fain ont d'ailleurs applaudi le projet, qui s'appuie sur une réglementation déjà existante sur les véhicules connectés.
La question ne concerne pas que les Américains
Le souci de fond dépasse largement les marques chinoises, puisque n'importe quelle voiture connectée moderne suit votre position en temps réel et reçoit des mises à jour à distance qui pourraient, en théorie, être détournées en outil de surveillance. Des failles ont d'ailleurs touché Tesla ou Honda, preuve que le problème est général. Si la Chine est visée en particulier, c'est surtout à cause de son cadre légal, qui oblige les entreprises à coopérer avec l'État. Le sujet est brûlant en Europe aussi, où BYD est devenu le premier vendeur mondial de voitures électriques et roule désormais partout, et où la CNIL a mis en place un pack de conformité spécial pour l'automobile connectée.
On en dit quoi ?
L'inquiétude sur les données est parfaitement fondée, une voiture connectée reste une belle machine à collecter, quelle que soit sa nationalité. Cibler uniquement les modèles chinois a quand même un fort parfum de protectionnisme, surtout quand General Motors et les syndicats applaudissent aussi fort. Protéger les données des conducteurs, c'est le message officiel, protéger l'industrie américaine face à BYD, c'est l'effet garanti.